Dans notre vie il est de ces petits déclics qui d'un seul coup chamboule tout votre univers. Ce petit déclic je l'ai eu il y a peu. Lors d'un rendez-vous hez le médecin. Je pensais qu'il m'annoncerait une maladie à la con, quelque chose de physique qui expliquerait les deux semaines de calvers que j'avais eu. Mais non. Rien d'"organique", comme il dit. Je pensais que je devrais m'allonger sur son lit d'oscultation et qu'il me prendrait mon sang pour découvrir ave horreur à quel point ma vie de dépravée était réelle. Mais non. Je suis restée assise face à son bureau à répondre à ses questions. Pourquoi je suis fatiguée? Pourquoi j'ai du mal à m'endormir le soir quand je me retrouve seule au milieu de mes draps? Pourquoi je n'arrive plus à être au top de ma forme? Pourquoi lorsque je suis en cours je n'arrive même plus à atteindre le niveau qui est normalement le miens alors que je bosse des heures et que je ne "fume" plus avant les cours importants? La réponse était simple pour lui. Après un déballage en règle de tout ce que j'avais à dire, il m'a simplement prescrit un médoc ( normalement prévu pour les crises d'épilepsie) qui à petite dose me permettrait de me détendre et de moins cogiter le soir au coucher. Il m'a également conseiller d'aller voir un de ses confrères, chose rare comme il disait, pour parler... Quand maman a lu le papier elle m'a dit " Tu es une adolescente en malêtre?" ... Et là boum...
On ne se rend compte de son erreur que quand on s'y retrouve confronté. J'ai passé tellement de temps à chercher d'où venait le problème, à me persuader de choses auxquelles je ne croyais pas vraiment, à me convaincre que j'allais bien alors que je passais plus de temps à tirer la tronche qu'autre chose et à me battre contre quelque chose qui n'existait pas. Je me suis battue chaque jour de ma vie contre ses adolescente qui passait leur temps à se plaindre, à dire qu'elles étaient malheureuse parce que telle ou telle chose ne leur plaisait pas. Je ne remets pas en cause celles ou ceux qui ont de réelles problèmes. Je l'ai toujours dit, les problèmes de chacun sont proportionels à la vie qu'ils mènent. Les miens sont dérisoires par rapport à d'autres mais ils existaient. Je dis existaient parce que finalement maintenant ils n'ont plus d'importance. Enfance difficile? Non finalement juste un nom dur à porter face aux railleries des autres enfants... Un père absent ? Non finalement juste un père qui n'a jamais vraiment exister sauf dans mes souvenirs de petite enfance... ces journées que je passais chez lui à m'occuper de mes frères et soeurs pendant qu'il se disputait avec ma belle mère. Puis il est parti. Ou plutôt j'ai cessé de faire comme ci je le voyais encore. Il ne m'a plus donné de nouvelles, il m'a abandonnée ... aujourd'hui nos liens se résument à un coup de téléphone une fois dans l'année et peut-être un rendez-vous qui se solde par un "Je te rapelle on se voit très vite ..." et puis plus rien. Finalement avec le peu de recul que j'ai aujourd'hui je peux dire que je n'ai jamais vraiment eu de père en tout cas lui ne l'était pas. Mon père c'est plutôt cet homme que j'appelle tendreusement "Babou" et qui partage ma vie depuis onze ans. Donc finalement j'ai toujours eu un père mais pas celui que je croyais. Une déception amoureuse insurmontalbe? Non seulement la chance d'avoir connu ce sentiment que l'on appelle "amour" un peu plus tôt que d'autres. C'est pas vraiment une chance vous savez. Parce que le temps que je passais à me faire killer par les garçons maintenant c'est moi qui le passe . Je suis passé dans le camps adverse celui où l'on domine l'autre intrinsèquement, où l'on décide du jour au lendemain que tout sera terminé. Enfin c'est l'impression que je donne alors que finalement je ne suis que anestésiée et retomber dans l'adolescence que j'avais perdu trop tôt. Aujourd'hui je suis amoureuse. Oui pour de vrai. J'ai fermé la petite boîte où je me réfugiais quand je voulais repenser au passé, et j'ai ouvert celle du présent. Pour lui, parce que maintenant je me rends compte de ma chance. Et que je l'aime. Oui. Pas comme une folle qui veut se précipiter et se marier dès que possible fonder ma vie avec lui et tout le tralala. Non juste je l'aime. Comme une jeune fille quiprofite des instands présents et ne se préoccupe plus de savoir si demain elle sera encore avec lui ou pas. Il est finit le temps où j'en fesais baver "aux garçons bien qui tombe sur des pétasses". Alors oui, il n'a pas forcément une très bonne influence sur moi, mais finalement ce n'est pas plutôt moi qui est cherché à me plonger dans tout ça ? Je n'ai pas eu besoin d'eux pour connaître tout ça. Il faut savoir aussi garder des limites. On est jeune qu'une fois.
Tout ça pour dire que j'ai passé tellement de temps à croire que j'allais mal, que mes problèmes étaient sincères et importants et que je devais les résoudre. Mais il n'y avait rien à résoudre, juste à vivre. Pas vivre pour vivre, mais vivre parce que je suis là et que le monde s'ouvre à moi. Comme il a pu s'ouvrir à ma mère et tout les gens qui m'entoure. Je ne suis pas en train de dire que je suis de retour que tout ira bien etc etc. Non je me rends juste compte de l'erreur que j'ai commise pendant tout ce temps. Ce "adolescente en malêtre" m'a tellement agacé m'a fait tellement prendre compte de ma faiblesse que ça a agit comme un électrochoc. Comme lorsque l'on meurt et que l'on voit défiler sa vie. Pourquoi serais-je en malêtre? Qu'est ce qui m'y autorise? Rien, ma vie pourrait être enviée de tellement de gens. Pas dans le sens où je suis un pure produit de popularité aimé de tous etcetcetc... absolument pas. Non juste parce que moi j'ai un toit, des amis, une famille, des bonnes notes à l'école (enfin euh j'essaye) et tout ce qui va avec. Et finalement c'est suffisant non? Pourquoi chercher plus quand on a déjà tant. Je ne suis qu'à l'aube de ma vie et je réagis déjà comme une grand-mère sur son lit de mort qui recasse tous ses souvenirs. Ses erreurs oh combien nombreuses. Oui j'ai des regrets. Je regrette d'avoir fait souffrir des gens, je regrette de ne pas avoir toujours pris les bonnes décisions, je regrette d'avoir du laisser derrière moi des gens que j'aime sincèrement juste pour essayer d'avancer seule, je regrette d'avoir perdu deux années de ma vie à blaser pour rien. Aujourd'hui je prends conscience que la vie est bien trop courte pour perdre son temps sur des choses qui n'ont finalement pas tant d'importance. Ma vie elle est devant moi. L'adolescence n'est qu'un passage où mes hormones agisse sur mon moral. Il est peut etre temps que je cesse de croire que je suis seule, et que je recommence à m'occuper des gens que j'aime parce que finalement ma vie c'est eux.
Peu de gens auront lu tout le texte je le sais bien, et je sais aussi que c'est vraiment long et très personnel. Mais l'envie d'écrire est parfois plus forte que la pudeur. J'avais probablement envie que les gens sachent ce que je ressens. Qui je suis vraiment . Ca finalement peu de gens le savent. Au fond de moi je sais ce que je vaut mais je sais aussi ce qu'il faut que je fasse.
Je sais bien que tout le monde ne m'aime pas. Et alors ? Au moins cela prouve que je suis différente et que je ne rentre pas dans le lot comme toutes ses filles superficielles. Peut-être que certains me voient comme ça mais après tout qu'est-ce que j'en ai a foutre ? Rien. Je suis comme je suis, j'ai une grande gueule, un style parfois bizare, des comportements qui dérange mais je suis comme ça et j'auria beau vouloir changer ça je ne le pourrai pas. Je pourrai juste essayer de le minimiser quand je suis avec ceux que j'aime. Les autres on s'en fou . Bientôt dix sept ans et toutes mes dents. Mon livre est encore à écrire, mon destin n'est pas tracé, c'est moi qui le contrôle.